Une alerte émise par un capteur fixe peut désormais servir de point de départ à une inspection mobile. C’est le scénario que Boston Dynamics met en avant avec Spot 5.2, la nouvelle version logicielle de son robot quadrupède destiné notamment aux rondes industrielles.

Pour un développeur, la nouveauté la plus concrète se trouve aussi dans Orbit, le logiciel de Boston Dynamics qui centralise les missions et les données d’une flotte de Spot : sa version 5.2 introduit une API stable pour une partie des intégrations.

Quelle partie de l’API Orbit devient stable ?

Orbit dispose désormais d’une API v1 organisée par services, notamment pour la flotte et les installations. Elle couvre entre autres les robots, les parcours d’inspection et les éléments du site. Ses identifiants doivent être traités comme des chaînes opaques ; les listes sont paginées et les erreurs suivent un format commun. L’accès nécessite un jeton doté des autorisations appropriées.

La v1 ne remplace pas toute l’ancienne API. Les anomalies, les événements de mission, les calendriers ou les webhooks restent accessibles par la v0, que Boston Dynamics qualifie toujours d’expérimentale. Son client Python Orbit cible lui aussi la v0. Une intégration qui utilise ces fonctions doit donc encore composer avec deux niveaux de stabilité.

Que change l’organisation des données par équipement ?

Orbit permet d’importer une hiérarchie d’équipements, avec leurs métadonnées, puis de rattacher les inspections aux machines concernées. Les tableaux de bord et les alertes peuvent ainsi être filtrés, par exemple, sur les pompes d’une zone plutôt que sur l’ensemble des rondes effectuées.

Cette structure donne un contexte aux données venues d’ailleurs. Boston Dynamics décrit la possibilité de relier des signaux de capteurs fixes ou de caméras à l’envoi de Spot pour recueillir des observations supplémentaires. L’entreprise présente une couche MCP pour les agents IA comme une étape rendue possible par cette architecture, pas comme une garantie qu’un agent puisse déjà piloter sans préparation n’importe quel site.

Quelles inspections Spot 5.2 ajoute-t-il ?

AIVI, la fonction d’inspection visuelle par IA d’Orbit, s’appuie désormais sur Gemini, la famille de modèles de Google, pour analyser notamment des jauges et des voyants de niveau. Google décrit séparément Gemini Robotics-ER 1.6, un modèle de raisonnement robotique développé avec des travaux sur la lecture d’instruments. Les annonces ne précisent pas que cette version exacte est celle intégrée à AIVI.

Spot 5.2 peut aussi enregistrer des inspections vidéo avec AIVI-Learning, la variante d’AIVI destinée à apprendre des contrôles visuels. Une séquence peut montrer une goutte d’eau ou un convoyeur qui patine là où une image fixe risque de manquer le mouvement. Les Site Scans analysent, eux, des vues à 360 degrés pour chercher des risques temporaires dans tout le site ou dans des zones et créneaux définis.

Quels capteurs élargissent les rondes industrielles ?

Le détecteur multigaz de Blackline Safety intégré à Spot par MFE peut mesurer plus de 20 types de gaz et transmettre les relevés pendant les missions. Pour les machines, l’analyse visuelle des vibrations amplifie des mouvements trop faibles pour être distingués à l’œil nu. La charge utile acoustique Sorama L642 permet également de rechercher des signes de décharges partielles sur des équipements haute tension.

Ces modalités produisent des observations différentes : concentration de gaz, mouvement ou signal acoustique. Leur intérêt dépend de leur rattachement à la bonne machine et de la capacité des équipes à exploiter l’alerte, pas seulement du nombre de capteurs embarqués.

Que faut-il vérifier avant une mise à jour ?

La version 5.2.0 comporte une rupture : certaines inspections créées avec des services SV600 précédemment signalés comme obsolètes cessent de fonctionner et doivent être réenregistrées avec les inspections par défaut. Le robot distingue aussi désormais les échecs de commande nécessitant un acquittement des restrictions imposées par son système de sécurité, par exemple lorsque des personnes se trouvent à proximité.

Pour une intégration existante, le chantier est donc double : vérifier les inspections enregistrées et choisir, ressource par ressource, entre l’API v1 stable et les fonctions qui restent en v0.