Paperasse, le projet open source de Romain Simon, fournit six skills pour faire travailler des agents IA sur la comptabilité, la fiscalité, le notariat et la gestion de copropriété en France. Son intérêt technique n’est pas de remplacer un logiciel métier : il donne à un agent des instructions spécialisées, des données de référence et, pour certaines tâches, des scripts de calcul.

Que trouve réellement un agent dans Paperasse ?

Les six skills couvrent des rôles distincts : comptable, contrôleur fiscal, commissaire aux comptes, fiscaliste des particuliers, notaire et syndic. Ce sont des fichiers Markdown qu’un agent capable de lire des fichiers peut utiliser, notamment dans Claude Code, Codex, Cursor ou Mistral Vibe. Le dépôt comprend aussi des ressources partagées : nomenclature comptable, modèles de documents, scripts Node.js et connecteurs pour récupérer des transactions Qonto ou des paiements Stripe.

Cette architecture a une conséquence pratique : copier un seul dossier ne suffit pas toujours. Plusieurs skills dépendent de ressources reliées par des liens symboliques ; une installation qui les transforme en fichiers texte peut rendre ces ressources inutilisables.

Jusqu’où va l’automatisation comptable ?

Le parcours décrit par le projet enchaîne la catégorisation des opérations, les écritures, la clôture, la production d’un fichier des écritures comptables et la préparation d’une liasse fiscale. Il ajoute ensuite un audit croisé des documents et une simulation de contrôle fiscal. Pour les calculs récurrents, comme les amortissements ou la TVA, Paperasse prévoit des scripts déterministes plutôt que de demander au modèle de produire seul un résultat numérique.

Ce découpage ne constitue pas une validation comptable. Les évaluations publiées dans le dépôt affichent un score agrégé de 88 % avec les skills, contre 75 % sans eux, selon un système de notation par modèle. Ce sont des résultats internes sur les cas évalués, pas une mesure du taux d’erreur sur des dossiers réels.

Pourquoi la date des règles fiscales compte-t-elle autant ?

Un skill peut conserver une règle devenue inexacte. Paperasse associe donc une date de mise à jour à chacun d’eux et prévoit une vérification lorsque cette date remonte à plus de six mois. C’est un garde-fou, non une garantie : les données du dossier, l’année fiscale et le texte applicable doivent encore être contrôlés.

Le choix entre prélèvement forfaitaire unique et barème progressif illustre le risque d’une réponse trop rapide. Pour les revenus mobiliers, l’option pour le barème concerne globalement les revenus et gains entrant dans son champ ; elle ne se décide pas à partir d’un seul dividende isolé. Un calcul utile doit expliciter ses hypothèses avant de proposer une déclaration.

Que change la facture électronique pour ces agents ?

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises concernées doivent pouvoir recevoir des factures électroniques par l’intermédiaire d’une plateforme agréée. L’obligation d’émission s’applique déjà aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire ; elle s’étendra aux microentreprises, TPE et PME le 1er septembre 2027.

Paperasse traite notamment Factur-X, un format hybride associant un PDF lisible à des données XML structurées. Sa version 1.09.2 a été publiée en août 2026. Savoir produire ou examiner ce format ne dispense toutefois pas de vérifier le circuit d’envoi, la plateforme retenue et les données exigées pour chaque facture.

Qui garde la main sur les données et les décisions ?

Les connecteurs et les documents comptables peuvent exposer à l’agent des informations bancaires, fiscales ou personnelles. La CNIL recommande de ne pas transmettre de données confidentielles à un service d’IA grand public et d’examiner le mode de déploiement lorsque des données sensibles sont en jeu. Avant d’activer un workflow, il faut donc vérifier où vont les entrées, qui y accède et ce que le fournisseur peut en faire.

Paperasse se présente comme un outil de préparation et d’aide à la décision. Une simulation de contrôle ne vaut pas contrôle de l’administration ; un projet d’acte ne vaut pas intervention d’un notaire. La responsabilité de vérifier les pièces, les calculs et la version des règles reste hors du skill.